L'histoire de Wood Effect
1 — L'œuvre
Chaque œuvre commence par un fragment de forêt.
Un véritable morceau d'écorce.
Ni dessiné.
Ni sculpté.
Ni reproduit.
Le vivant laisse son empreinte.
La fonte à la terre de Delft la révèle.
Le métal la rend durable.
La technique ne cherche pas à transformer la nature.
Elle cherche à préserver ce qu'elle raconte.
Puis vient le temps de l'atelier.
Forger.
Ajuster.
Souder.
Polir.
Patiner.
Chaque geste dialogue avec la matière.
Chaque technique participe au même récit.
La brutalité de l'écorce rencontre la précision de la bijouterie.
Le temps de l'arbre rencontre le temps de l'artisan.
Les métaux utilisés proviennent de filières de recyclage.
Une matière ancienne reçoit une nouvelle vie.
Comme l'écorce.
Chaque fragment est unique.
Chaque empreinte est différente.
Chaque œuvre l'est aussi.
Certaines se portent au quotidien.
D'autres deviennent des sculptures que l'on porte le temps d'un instant avant de les contempler à nouveau.
Toutes sont pensées pour durer.
Traverser le temps.
Être transmises.
Conserver la mémoire d'un fragment de forêt.
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2 — Le langage
Passionné par le bijou depuis l'enfance, je me suis consacré pendant plusieurs années à l'apprentissage de la bijouterie-joaillerie. J'ai obtenu un Brevet des Métiers d'Art et travaillé dans différents ateliers où j'ai réparé, transformé et fabriqué des centaines de bijoux.
Une question m'accompagnait depuis ma dernière année d'études.
Quel langage voulais-je réellement développer ?
Je cherchais une manière de créer qui me ressemble.
Une manière de transmettre l'émerveillement que je ressens face au vivant.
Très tôt, j'ai expérimenté la fonte à la terre de Delft.
Je cherchais de nouvelles possibilités offertes par cette technique ancestrale.
J'ai multiplié les essais.
Les réussites.
Les échecs.
Sans encore savoir ce que je cherchais.
Un jour, en forêt, j'ai ramassé un morceau d'écorce.
Je l'ai moulé presque par curiosité.
Lorsque la pièce est sortie, j'ai compris que quelque chose venait de changer.
Les reliefs étaient impossibles à dessiner à la main.
Pour la première fois, je n'avais pas l'impression de représenter la nature.
Mais d'en préserver une trace.
Cette première création, aujourd'hui connue sous le nom de Clivage (WE001), est devenue le point de départ de Wood Effect.
Pourtant, la marque n'est pas née immédiatement.
À cette époque, les moyens manquaient.
Le métal.
Les outils.
Le temps.
Le projet est resté dans un tiroir.
J'ai continué à apprendre.
À réparer.
À fabriquer.
À perfectionner mes gestes.
Quelques années plus tard, en cherchant de l'inspiration dans mon atelier, je suis retombé sur cette première pièce.
En la regardant de nouveau, j'ai compris que je n'avais jamais réellement cessé d'y penser.
Wood Effect existait déjà.
Il ne lui manquait plus que le temps de naître.